Proposition (nom féminin, subst. féminin)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Action de proposer, de soumettre à un examen, à une délibération. "Il fit la d'attaquer l'ennemi sur-le-champ. Une de loi."
Il désigne aussi la Chose elle-même qui a été proposée. "La de ce député a été prise en considération. Il a retiré sa ."
Absolument et familièrement, "Faire des s à une personne," Lui faire des propositions déshonnêtes.
Il se dit particulièrement d'une Chose proposée pour arriver à la conclusion d'une affaire, à un arrangement. "Proposition raisonnable, satisfaisante. Proposition absurde, ridicule. Faire des s à quelqu'un. Propositions de paix, d'accommodement, de conciliation. Proposition de mariage. Accepter une . Rejeter une . Écouter, accueillir une . La fut reçue comme elle le méritait."
Il désigne aussi l'Expression d'une idée, l'affirmation ou la négation de quelque chose. "Proposition universelle, générale, particulière. Proposition hasardée. Proposition insoutenable. Soutenir une . Condamner une . Censurer une . Proposition en matière de foi."
En termes de Grammaire, il désigne un Membre de phrase composé essentiellement d'un sujet et d'un verbe et accessoirement d'un complément ou d'un attribut. "Dans la plupart des phrases, il y a une principale, à laquelle se rattachent diverses s accessoires, subordonnées, incidentes."
En termes de Mathématiques, il se dit de l'Énoncé d'une vérité à démontrer ou d'une question à résoudre. "Démontrer une ."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Action de proposer, de soumettre à un examen, à une délibération. Proposition de loi. La a été prise en considération.
BALZ.: « En cet état-là [de lâches conseillers], on n'est pas seulement capable de la du bien difficile »
RETZ: « La moins forte de M. d'Elbeuf fut de mettre tout le parlement en corps à la Bastille »

 2   Chose proposée en vue d'arriver à une conclusion, à un arrangement, à une entente.
CORN.: « La cruelle qu'elle va faire à ses fils »
PASC.: « Si vous voulez faire vos s plus modestement, on les écoutera »
BOSSUET: « Il y fit ses s en pleine assemblée »
LA BRUY.: « Il [le plénipotentiaire] s'ouvre et parle le premier, pour, en découvrant.... les brigues et les cabales des ministres étrangers, sur les s qu'il aura avancées, prendre ses mesures et avoir la réplique »
FÉN.: « Je commence, ô peuples assemblés de tant de nations, à vous faire des s pour établir à jamais une paix solide »

 3   Offre.
LA BRUY.: « Il [le plénipotentiaire] laisse voir en lui quelque peu de sensibilité pour sa fortune ; il s'attire par là des s qui lui découvrent les vues des autres les plus secrètes »
    Absolument. Faire des s, proposer à un homme quelque affaire secrète ou peu honorable, à une femme de céder aux désirs d'un homme.
VOLT.: « Je me souviendrai toute ma vie [c'est une femme qui parle] que, quand mes plaies furent bien fermées, il me fit des s »

 4   Discours qui affirme ou nie.
PASC.: « Les principes se sentent, les s se concluent ; et le tout avec certitude, quoique par différentes voies »
MASS.: « Il ne faudrait pas d'autre raison pour justifier ma première »
VOLT.: « La de Leibnitz [qu'il n'y a pas dans la nature deux choses semblables] est ingénieuse et grande ; la contraire est aussi vraisemblable pour le moins que la sienne ; tel a toujours été le sort de la métaphysique »
D'ALEMB.: « Les s condamnées étaient, pour la plupart, si mal choisies, qu'on prétend que Louis XIV, en les lisant dans la bulle [Unigenitus], les prit pour les vérités qu'elle ordonnait de croire, en parut très édifié, et fut bien surpris, quoique docile, quand son confesseur le détrompa »

 5   Terme de théologie. Proposition mal sonnante, qui paraît contraire à la bonne doctrine.
    Les cinq s, nom par lequel on désigne des passages que l'on prétendit trouver dans le livre de Jansénius intitulé Augustinus, et dans lesquels le pape reconnut certaines hérésies.
VOLT.: « Le fond des cinq s condamnées est évidemment dans Jansénius ; il n'y a qu'à ouvrir le troisième tome, à la page 138, édition de Paris »
    Les quatre s, les s établies du temps de Louis XIV par l'assemblée du clergé de France, et qui avaient pour objet la suprématie des conciles oecuméniques.
VOLT.: « Le cardinal de Fleury.... empêcha bénignement pendant tout son ministère qu'on ne soutînt les quatre fameuses s sur lesquelles est fondée la liberté française dans les choses ecclésiastiques »

 6   Terme de grammaire et de logique. L'expression d'un jugement. Une se compose essentiellement d'un sujet, d'un verbe et d'un attribut. Proposition principale, incidente, subordonnée.
DUCLOS: « Le jugement que nous faisons des choses, comme quand je dis : la terre est ronde, s'appelle »
CONDIL.: « Deux s ne se lient que par les rapports qu'elles ont l'une à l'autre, et le propre des conjonctions est de prononcer ces rapports »
CONDIL.: « Mais, dira-t-on, c'est ainsi qu'on raisonne en mathématiques, où le raisonnement se fait avec des équations ; en sera-t-il de même dans les autres sciences, où le raisonnement se fait avec des s ? Je réponds qu'équations, s, jugements, sont au fond la même chose »
    Le sujet de la , le sujet (personne ou chose) dont je veux parler.
    Attribut de la , ce que je pense du sujet de la .
    Proposition simple, se dit de celle qui ne renferme point d'autre , et dans laquelle le sujet et l'attribut sont simples et exprimés par un seul mot.
    Proposition composée, celle dans laquelle le sujet ou l'attribut sont composés et qui, par conséquent, renferme autant de s qu'il y a de manières diverses de combiner les sujets et les attributs.
    Terme de logique. Proposition universelle, celle où le sujet est précédé du mot tout. Tout homme est mortel.
    Proposition particulière, celle où le sujet est précédé de quelques ou plusieurs. Quelques hommes sont savants.
    Proposition singulière ou individuelle, celle dont le sujet indique un seul individu. Pierre est malade. Cet homme est tombé.
    Proposition analytique, se dit, dans la logique de Kant, de celle dont la certitude repose sur l'identité des concepts, par opposition à la synthétique, qui augmente réellement la masse des connaissances.

 7   Terme de rhétorique. Se dit de la partie d'un discours où l'on propose ce que l'on veut prouver ou établir.

 8   Terme de géométrie. Vérité qu'on prouve par démonstration. Il y a deux sortes de s, les théorèmes et les problèmes.
ROLLIN: « Le fameux M. Pascal, à l'âge de douze ans, sans avoir jamais lu aucun livre de géométrie.... arriva, par la seule force de son génie, jusqu'à la 32e du 1er livre d'Euclide »

 9   Terme de musique. Première phrase d'une fugue, contenant le sujet et tous les contresujets.

 10   Chez les protestants, explication que fait d'un texte de l'Écriture un jeune homme qui aspire à la fonction de ministre.

 11   Dans la Bible, pains de , les douze pains qu'on mettait chaque semaine sur la table dans le sanctuaire.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Rois, p. 257: E un altel fist el temple de fin or e dis tables d'or, pur [pour] metre sure les pains que l'um apelad les pains de propositiun
    XIIIème siècle
BRUN. LATINI: « Proposition universel, qui conclut saine conclusion »
    XIVème siècle
ORESME: « Et pour ce, ceste est vraie : Mulier est homo »
BERCHEURE: « La quelle proposicion comme le senat eust regetée et tournée à nient »
    XVIème siècle
LANOUE: « L'accomplissement de nos oeuvres ne gist pas tant en l'humaine propcsition qu'en la divine disposition »
MONT.: « Se rejectant à sa premiere [résolution] »
MONT.: « J'honore bien ce glorieux nom [médecine], sa [son but], sa promesse »

ÉTYMOLOGIE
    Prov. propozicio ; espagn. proposicion ; ital. proposizione ; du lat. em, de pro, en avant, et positio, position.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE PROPOSITION. Ajoutez :

 12   Action de proposer l'action du poëme dramatique, d'en informer tout d'abord le spectateur.
CORN.: « La protase, où se doit faire la et l'ouverture du sujet »


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Discours qui affirme ou qui nie quelque chose. "Proposition universelle, générale, particulière. Proposition affirmative. Proposition négative. Proposition simple, composée. Proposition complexe, incomplexe. Dans la plupart des phrases, il y a une principale, à laquelle se rattachent diverses s accessoires, subordonnées, incidentes. Proposition établie sur de faux principes. Proposition universellement reçue. Proposition fausse, erronée. Proposition hasardée. Proposition insoutenable. Soutenir une . Condamner une . Censurer une . Proposition en matière de foi. Proposition de foi. Cette est vraie en un sens, et fausse en un autre. Avancer une . Cette -là est bien hardie. Cette est contenue dans son livre en termes exprès. Altérer, affaiblir, dénaturer, défigurer une ."
En termes de Théologie, "Proposition malsonnante," Proposition qui paraît contraire à la bonne doctrine.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Une chose proposée, afin qu'on l'examine, qu'on en délibère. "Il fit la d'attaquer sur-le-champ. Proposition de loi. La de ce député a été prise en considération. Développer sa . Débattre, discuter, appuyer une . Délibérer sur une . Retirer sa . Cette ne fut pas goûtée."
Il se dit particulièrement d'Une chose proposée pour arriver à la conclusion d'une affaire, à un arrangement, etc. "Proposition raisonnable, satisfaisante. Proposition absurde, ridicule. Faire des s à quelqu'un. Proposition de paix, d'accommodement, de conciliation. Proposition de mariage. Il se chargea de cette , d'en faire la . On n'a pas voulu entendre à mes s. La que vous me faites me plaît fort. Je ne saurais accepter votre , vos s. Rejeter une . Écouter une . Accueillir une . Sa fut reçue comme elle le méritait."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes de Mathématique, Théorème ou problème; discours par lequel on énonce une vérité à démontrer, ou une question à résoudre. "Démontrer une ."
Dans la Loi mosaïque, "Pains de ," Les pains que l'on mettait toutes les semaines sur la table, dans le sanctuaire.



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Discours qui affirme ou qui nie quelque chose. "Proposition universelle. Proposition partioulière. Proposition affirmative. Proposition négative. Proposition établie sur de faux principes. Proposition universellement reçue. Proposition fausse, erronée. Proposition hasardée. Proposition insoutenable. Soutenir une . Condamner une" "proposition. Censurer une . Proposition en matière de foi. Proposition de foi. Cette est vraie en un sens, et fausse en un autre. Avancer une . Cette -là est bien hardie. Cette est contenue dans son livre en termes exprès".
On dit, "Altérer, affoiblir, dénaturer, défigurer des s". On dit en parlant d'Une qui paroît contraire à la bonne doctrine, ou à la probité, "Qu'elle est mal sonnante," et l'on dit en termes de Théologie, "offensive des oreilles pieuses".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Proposition, signifie aussi Une chose proposée, afin qu'on en délibère. "La que vous me faites, me plaît fort. Je ne saurois accepter votre proposition. Rejeter une . Écouter une . Recevoir une . Proposition de paix. Proposition de mariage. Il se chargea de cette , d'en faire la ".
"Propositions," se dit quelquefois au sens de Conditions. "Il adoucit un peu ses s. Il est impossible d'accepter ses s. On n'a pas voulu entendre à mes s".
En Mathématique, "Proposition" signifie également, Théorème et Problème. "Démontrer, résoudre uneproposition".
Dans l'ancienne Loi, on appeloit, "Pains de ," Les pains que l'on mettoit toutes les semaines sur la table dans le Sanctuaire.



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Énonciation, discours qui affirme ou qui nie quelque chose sur quelque sujet que ce soit. "Proposition universelle. Proposition particulière. Proposition affirmative. Proposition négative. Proposition établie sur de faux principes. Proposition universellement reçue. Proposition fausse, erronée. Proposition sans fondement. Proposition insoutenable. Soutenir une . Condamner une . Censurer une . Proposition en matière de foi. Proposition de foi. Cette est vraie en un sens, & fausse en un autre. Avancer une . Cette -là est bien hardie. Cette est contenue dans son livre en termes exprès."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



signifie aussi Une chose proposée, afin qu'on en délibère. "La que vous me faites, me plaît fort. Je ne saurois accepter la que vous me faites. Rejeter une . Écouter une . Recevoir une . Proposition de paix. Proposition de mariage. Il se chargea de cette , d'en faire la ."
En Mathématique, "Proposition" signifie également, Théorème & Problème. "Démontrer, résoudre une ."
Dans l'ancienne Loi, on appeloit "Pains de ," Les pains que l'on mettoit toutes les semaines sur la table dans le Sanctuaire.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

["Propozi-cion".] 1°. Discours, qui afirme ou qui nie. '"Proposition" universelle "ou" particulière; afirmative "ou" négative, "etc." '"Proposition" de foi, "ou" en matière de foi. 'Censurer, condamner "une ".
- 2°. chôse qu'on propôse. '"La ", que vous me faites, me plait, "ou" me déplait. 'Écouter, recevoir, accepter "ou" rejeter "une ". = "Pains de " que, dans l'anciène loi, on mettait, toutes les semaines, sur la table dans le Sanctuaire.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Ce qu'on énonce par le discours sur quelque sujet que ce soit. "Proposition universelle." " particuliere. d'éternelle verité. establie sur de faux principes. universellement receuë. fausse, erronée. sans fondement. insoustenable, impertinente. soustenir une . condamner une . censurer une . en matiere de foy. c'est une de foy". Proposition en termes de Logique, est une Enonciation, un discours qui affirme ou qui nie quelque chose. "Cette est vraye en un sens & fausse en un autre. avancer une . cette - là est bien hardie. cette est contenuë dans son livre en termes exprés".
Il signifie aussi, Une chose proposée afin qu'on en délibere. "La que vous me faites me plaist fort. je ne sçaurois accepter la que vous me faites. rejetter une . escouter une proposition. de paix. de mariage. il se chargea de cette , d'en faire la ".




Emplacement dans le dictionnaire :

proportionnellement
proportionnément
proportionner
propôs
propos
proposant
proposé
proposer
proposeur

propre
proprement
propret
propreté
propriétaire
proprietaire
proprieté
propriété
propulser
propulseur
propulsif




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...elle peut avoir. Nous verrons, en effet, que, par elle-même, la civilisation n'a pas de valeur intrinsèque et absolue ; ce qui en fait le prix, c'est qu'elle correspond à certains besoins. Or, cette proposition sera démontrée plus loin, ces besoins sont eux-mêmes des conséquences de la division du travail. C'est parce que celle-ci ne va pas sans un surcroît de fatigue que l'homme est contraint de...


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...lequel nous l'employons. Nous pouvons donc, résumant l'analyse qui précède, dire qu'un acte est criminel quand il offense les états forts et définis de la conscience collective. La lettre de cette proposition n'est guère contestée, mais on lui donne d'ordinaire un sens très différent de celui qu'elle doit avoir. On l'entend comme si elle exprimait non la propriété essentielle du crime, mais une de ses...


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...radicalement séparés les uns des autres ; ils sont, au contraire, continus et, par suite, il y a entre eux des régions limitrophes où des caractères différents se retrouvent à la fois. Cependant, la proposition précédente reste vraie dans la très grande généralité des cas. C'est la preuve que les règles à sanction restitutive ou bien ne font pas du tout partie de la conscience collective, ou n'en sont que...


Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...d'avoir omis quelques-uns de ceux qui ont disparu. Mais comme nous voulons justement démontrer que le nombre en a diminué, ces omissions ne seraient qu'un argument de plus à l'appui de notre proposition. Il suffit de jeter un coup d'oeil sur ce tableau pour reconnaître qu'un grand nombre de types criminologiques se sont progressivement dissous. Aujourd'hui, la réglementation de la vie domestique...


Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...tour, est déterminée, non par le développement absolu de ce facteur, mais par l'étendue relative de la part qui lui revient dans l'ensemble des phénomènes sociaux. On pourrait vérifier encore cette proposition en procédant d'après une méthode que nous ne ferons qu'indiquer brièvement. Nous ne possédons pas actuellement de notion scientifique de ce que c'est que la religion ; pour l'obtenir, en effet, il...


Autres Recherches
Synonymes
Conjugaisons
Synonymes : cliquez ici


Accès direct à ptidico.com: cliquez ici...